Céline Hugot, Président de Viollet Industries

01/02/2013

Président de Viollet IndustriesSi elle fut longtemps une filière très masculine, la mécanique s’ouvre de plus en plus aux femmes, comme l’illustre le parcours de Céline Hugot, Président de Viollet Industries, une entreprise spécialisée dans la transformation du métal. Témoignage d’une dirigeante d’entreprise mécanicienne.

Vous êtes aujourd’hui à la tête de Viollet Industries, pouvez-vous revenir sur votre itinéraire ?

Il s’agit d’une aventure familiale, le groupe Champrenaut possède deux entreprises : Viollet Industries en France, qui est spécialisée dans la conception et la réalisation de pièces dans la transformation du métal (tôlerie, serrurerie, mécano-soudure…) et Poliprod, qui est une grande chaudronnerie basée en Roumanie. Nous intervenons dans de très nombreux secteurs, et notamment le ferroviaire, le machinisme agricole, la défense, l’automobile, les travaux publics ou l’environnement.

 

Mon père a commencé tourneur fraiseur, a gravi les échelons et a décidé de voler de ses propres ailes. Il a donc repris une première entreprise, Viollet Industries, en 1989. Comme mon frère, j’ai intégré l’entreprise à la suite de mes études. Nous sommes absolument complémentaires car il est ingénieur de formation (Arts et Métiers) et j’ai une formation plus commerciale (Sup de Co’ Grenoble), formation que j’ai complétée en Allemagne pour devenir ingénieur commercial. En 2002, nous avons repris en famille la société Poliprod. Aujourd’hui, mon frère et moi avons pris la suite de notre père à la tête de ces deux entreprises.

 

On pourrait croire que la mécanique est un univers plutôt masculin. Est-il difficile pour une femme de s’imposer aux plus hautes fonctions ?

 

La question se pose de moins en moins. Je citerais l’exemple d’Anne Lauvergeon, à la tête d’Areva, qui est un bel exemple et une inspiration pour les femmes dans l’industrie. On en voit aujourd’hui de plus en plus, en production ou en bureaux d’études.

 

Je n’ai pas l’impression pour ma part d’avoir été « parachutée », car j’ai fait les études pour. Toutefois, mon frère et moi restons humbles, les gens du métier nous apportent beaucoup en nous faisant partager leurs connaissances. Nous en apprenons encore tous les jours.

 

Quelle est votre vision de la mécanique et de la filière ?

Tant qu’elle innovera, la mécanique française aura un bel avenir. Mais il faut être capable de garder une production en France. La réduction des charges sociales est à ce titre indispensable. Le nerf de la guerre consiste aujourd’hui à conserver de la production en France, pour pouvoir innover, et attirer les jeunes vers nos métiers.

Je pense qu’il faut changer l’image d’Epinal qui veut que l’industrie soit une activité sale : aujourd’hui nous ne sommes plus les mains dans le cambouis mais aux commandes de machines sophistiquées. Nous avons besoins de jeunes et dans notre filière, il y a de la place pour tout le monde… Tous les secteurs n’offrent pas de telles opportunités !