Maurice Stanich, Président-directeur général de Montabert

17/09/2012

© Montabert

Basé à Lyon, Montabert est reconnu comme un leader mondial dans le domaine des brise roches et perforateurs. Une réussite internationale qui s’appuie sur une exigence de qualité sans faille. Témoignage de son PDG.

 

Pourquoi aujourd’hui concevoir et produire en France ?

 

Le premier point essentiel est que, du moins en ce qui concerne la mécanique, il est irréaliste de vouloir séparer la conception et la fabrication ; les bureaux d’études et les ateliers doivent travailler de façon extrêmement proche et ceci veut dire une proximité géographique, là où les ingénieurs de conception peuvent descendre dans les ateliers à chaque instant et vérifier toutes leurs théories en pratique.

 

Bien sûr il existe de grandes théories suivant lesquelles avec les moyens modernes de communication on peut travailler à distance sans problème : le bureau d’études à Paris et l’usine à Shanghai. Mais ce n’est qu’une théorie… En pratique les hommes ont besoin de travailler « face to face ». Toutes les expériences dont j’ai eu connaissance de bureaux d’études à des milliers de kilomètres des ateliers se sont soldées par des échecs cuisants.

 

Maintenant la question est pourquoi la France ? C’est qu’en France, encore une fois dans le domaine de la mécanique, nous avons de superbes écoles d’ingénieurs et que nos ingénieurs sont parmi les meilleurs et les plus inventifs au monde. Après plus de trente ans d’expérience à travers le monde je peux confirmer ce point sans l’ombre d’une hésitation.

 

Vous exportez 85% de votre production, quels sont vos avantages compétitifs pour gagner des marchés à l’étranger ?

 

Trois priorités pour être compétitif : la qualité, la qualité et la qualité. Ceci étant, il ne suffit pas de proclamer la qualité, il faut vraiment la démontrer et il faut du temps. Ce n’est pas en un jour que la mécanique et la chimie allemande ou le luxe français ont acquis leur réputation.

 

Pour Montabert, c’est le même schéma : le produit est reconnu comme l’un des meilleurs depuis des décennies et à travers le monde : « best product », « el mejor producto » ou, celui qui fait le plus plaisir venant de nos amis allemands, « sehr gut !! ». Donc pas de positionnement en milieu de gamme comme il est souvent reproché aux fabricants français mais un positionnement « à l’allemande » sur le haut de gamme que les clients veulent bien payer car ils sont sûrs de la qualité de ce qu’ils achètent.

 

Comment rester compétitif ?

 

Comme indiqué plus haut il est inconcevable de séparer les études de la fabrication. Comme on a tout ce qu’il faut en France en termes de ressources en ingénieurs de talent, il nous faut donc nous assurer d’une fabrication française compétitive. Et là, c’est loin d’être gagné !!! Si les investissements en nouvelles machines sont tout à fait satisfaisants (on aura investi plus de 5 millions d’euros en machines nouvelles sans compter les remises à niveau de machines plus anciennes au cours des 18 derniers mois), le problème réside plus dans la qualité du personnel d’atelier.

 

C’est un problème extrêmement préoccupant et notre stratégie est d’investir massivement dans la formation continue du personnel. A mon avis c’est là un problème de la mécanique en France et plus généralement de l’industrie : à 18 – 20 ans on fait de la mécanique par défaut, quand on ne peut pas faire autrement. A 30 ans, avec une famille sur les bras, les métiers de la mécanique semblent beaucoup plus attrayants et les gens sont alors disposés à faire d’énormes efforts pour apprendre. C’est ce gisement de talents qu’il faut développer et c’est un objectif majeur pour Montabert.