Yves Fiorda, vice-président de la Fédération des Industries Mécaniques en charge de la formation

25/10/2013

© Stephane Lariven

Malgré un contexte économique fragile, les industriels de la mécanique prévoient de recruter entre 40 et 50 000 salariés par an d’ici 2020. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Même en temps de crise, les industries mécaniques ont des besoins importants en recrutement.

Tout d’abord, ce besoin s’explique par les nombreux départs à la retraite qu’il faudra remplacer. De plus, certains secteurs clients de la mécanique tels que l’aéronautique, le ferroviaire, l’énergie… sont en pleine expansion. Si l’on prend l’exemple de l’énergie et plus particulièrement du nucléaire, les entreprises mécaniciennes qui travaillent pour ce secteur ont des carnets de commandes remplis pour de nombreuses années et ont donc besoin de personnel à tous les niveaux de qualification pour répondre à la demande.

 

En quoi la mécanique est-elle un secteur d’avenir pour les jeunes ?

C’est grâce à leur inventivité et à leur créativité, notamment apportées par les jeunes générations, que les industries mécaniques françaises sauront trouver les solutions pour répondre aux grands défis industriels de demain : la démographie et la consommation (9 milliards d’êtres humains sur la planète en 2050 à nourrir, loger, etc.), l’environnement (plus 20 % d’énergies renouvelables, moins 20 % d’émissions polluantes et moins 20 % de consommation d’énergie à l’horizon 2020), la mobilité et la communication (circulation accélérée de l’information et des personnes, connectivité)…

Pour répondre à ces défis et assurer leur compétitivité, les industriels de la mécanique développent des produits de plus en plus innovants. Nos métiers sont ainsi de plus en plus attractifs. Nous avons des besoins croissants de chefs de projets, d’ingénieurs concepteurs de produits, mais également d’opérateurs pouvant travailler sur des machines complexes et automatisées.

1er employeur industriel français avec 628 000 salariés, les emplois des industries mécaniques sont plus stables que dans les autres secteurs. Malgré une recherche accrue de flexibilité dans les forces de production, les industries mécaniques conservent un très fort taux de contrats en CDI.

La France tient une place importante dans le paysage industriel mondial. Les entreprises mécaniciennes se développent beaucoup sur les marchés à l’export, et les évolutions de carrières sont importantes.

 

Les chefs d’entreprise mécaniciens ont de réelles difficultés à trouver des collaborateurs qualifiés. De quelle manière vous y prenez-vous dans votre entreprise ?

Les industriels mécaniciens redoublent d’ingéniosité pour attirer les jeunes, les demandeurs d’emplois… vers leurs métiers. Certaines d’entre elles, parmi les plus grandes, créent leurs propres centres de formation intégrés. Cette solution est idéale. Elle permet à la fois d’établir les quotas d’entrée chaque année en fonction de ses besoins mais aussi, et surtout, de former des jeunes aux métiers qu’ils exerceront ensuite. Un duo gagnant-gagnant pour l’entreprise et le jeune.

Pour les entreprises de taille plus restreinte, différents vecteurs sont propices au recrutement. Le bouche-à-oreille en est un. Un étudiant ayant effectué un stage particulièrement enrichissant incitera ses amis à postuler dans cette entreprise. Se rapprocher des parents d’élèves qui accompagnent leurs enfants lors de visite d’usine peut aussi enclencher un levier de recrutement. Il faut aussi aller au-devant des établissements scolaires de nos régions. Pendant la Semaine de l’industrie par exemple, un industriel mécanicien et un délégué régional du Cetim et/ou de la FIM interviennent dans les classes.

L’apprentissage et l’alternance sont les voies royales pour intégrer une entreprise.

Les industriels peuvent puiser également leurs candidats dans les centres de formation d’apprentis de l’industrie (CFAI) et les contrats en alternance permettent aux jeunes de démarrer dans une entreprise quel que soit leur niveau d’études.