Adrian Harris, directeur général de l’Orgalime

30/04/2014

photo Adrian HarrisQuel est le rôle de l’Orgalime ?

Fondée il y a plus de 50 ans par 12 organisations nationales des secteurs de la mécanique, de la transformation des métaux et des industries électriques et électroniques, l’Orgalime (European engineering industries association) regroupe aujourd’hui 38 associations provenant de 23 pays. Elles représentent 130 000 entreprises, pour un chiffre d’affaires de 1 840 milliards d’euros.

L’Orgalime promeut et défend les intérêts de ces industries auprès des institutions de l’UE.

Avec 16 500 lobbyistes, Bruxelles est en train de dépasser Washington, capitale mondiale du lobbying.

 

Concrètement comment agissez-vous ?

Plus tôt nous sommes informés d’un projet de directive ou de règlement, plus tôt nous pouvons en évaluer l’impact sur les entreprises et engager – ou non – des actions. D’où l’importance de la veille.

Lorsque nous identifions un texte qui peut poser problème, nous interrogeons les membres de l’Orgalime sur la stratégie à adopter et nous adressons une première note à la Commission européenne. Ensuite, après adoption de la proposition par la Commission, nous suivons le parcours devant le Parlement européen et le Conseil. Nous intervenons auprès des députés européens. Pour le Conseil, qui réunit les ministres des différents États, l’action se situe davantage dans chaque pays au niveau des ministères. Le processus est souvent très long, plusieurs années, mais il ne faut pas rater le coche. Nous traitons une cinquantaine de sujets par an : dans 80 % des cas, en réaction à un texte, le reste pour porter les attentes de l’industrie. C’est un travail de fond qui réclame de la persévérance pour connaître la machine et identifier les interlocuteurs – fonctionnaires ou politiques – qui comptent.

Il faut frapper à la bonne porte au bon moment.

Tout l’art du lobbying, c’est d’adopter le bon tempo : savoir accélérer ou ralentir suivant le contexte et les circonstances. Sans parler du sens politique et de la maîtrise des langues dont disposent les 27 collaborateurs de l’Orgalime.

 

Quels sont les principaux dossiers sur lesquels vous travaillez ?

D’abord la politique industrielle. Après plusieurs années de travail, et « un franc échange de vue », comme l’on dit en langage diplomatique, avec le président de la Commission en juillet 2012, l’industrie est revenue en odeur de sainteté à Bruxelles.

Ensuite, l’énergie avec les questions de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l’efficacité énergétique.

Le commerce international est bien sûr un dossier important. Nos clients européens investissent de moins en moins, il faut donc donner à nos industriels les moyens d’exporter, avec un sujet majeur : la négociation avec les Américains sur la zone de libre-échange. Enfin, la question de l’innovation reste au centre de nos préoccupations. Nous demandons notamment un rééquilibrage du budget européen de l’agriculture vers l’industrie.