Françoise Pfister, Directeur général de SIAM RINGSPANN

11/03/2013

Françoise Pfister

 Dans les entreprises de mécanique, des évolutions de carrière significatives sont possibles et offrent de réelles opportunités professionnelles. Témoignage de Françoise Pfister, aujourd’hui directeur général de SIAM RINGSPANN, fabricant de composants mécaniques de qualité durable pour la sécurité et la précision des transmissions de puissance. Filiale française du groupe allemand RINGSPANN, SIAM-RINGSPANN commercialise aujourd’hui dans le monde entier son offre de composants standards et sur-mesure, pour un panel de secteurs clients très vaste (manutention, agroalimentaire, emballage, aéronautique, chimie ou encore énergies).

 

Vous êtes aujourd’hui à la tête de la société SIAM RINGSPANN, pouvez-vous revenir sur votre itinéraire ?

J’ai toujours eu une forte affinité pour la technique. Après un bac scientifique option maths-physique, ma spécialisation a porté sur la mécanique. Je suis rapidement entrée en entreprise où j’ai poursuivi mon parcours pour atteindre un niveau d’ingénieur en formation continue.

Ma carrière s’articule en trois étapes. J’ai commencé dans l’assurance qualité, puis je suis devenue responsable de production au sein d’une entreprise pour laquelle la qualité était fondamentale. Je me suis par la suite dirigée vers la responsabilité technico-commerciale car j’avais envie de partager la passion technique qui m’habitait et de commercialiser les produits dont je connaissais la qualité de production. C’est à ce poste de responsable technico-commerciale que j’ai intégré SIAM en 1988. J’en assure la direction depuis 2005.

Je pense qu’il faut oser prendre de nouvelles fonctions, il faut satisfaire son envie de découvrir de nouvelles technologies, d’acquérir de nouvelles expériences et expertises. La mécanique est un secteur qui permet de telles dynamiques de carrière.

 

On pourrait croire que la mécanique est un univers plutôt masculin. Est-il difficile pour une femme de s’imposer jusqu’aux plus hautes fonctions ?

C’est difficile, mais pas impossible. Il faut montrer sa détermination et  rechercher une évolution de parcours. Si l’on sait défendre ses compétences, s’affirmer, montrer sa motivation, et accepter le changement, alors tout est possible. Une posture attentiste ne montre pas le dynamisme recherché par les entreprises. Une carrière se construit à force de travail, de rigueur et de motivation. Il est absolument essentiel d’échanger avec sa hiérarchie, de montrer qu’on a envie d’évoluer.

Il existe aujourd’hui une forte attente de la part des responsables d’entreprise. Les choses bougent et on accueille de plus en plus de femmes. Les opportunités sont nombreuses et la porte est ouverte, à condition de montrer cette motivation et cette envie d’être un acteur majeur de l’entreprise.

 

Quelle est votre vision de la mécanique et de la filière ?

C’est une filière que j’apprécie beaucoup, très dynamique et très variée en France. Dans notre pays, nous avons de nombreux fabricants de machines qui exportent dans le monde entier. En tant que fournisseur, il faut se placer dans une logique de co-développement et d’innovation pour accompagner le dynamisme de nos secteurs clients. Il faut se tourner vers les secteurs en développement qui favorisent le « conçu et produit en France ». Beaucoup prennent aujourd’hui conscience de cette nécessité et de nombreux projets industriels sont lancés. Le monde de la mécanique française en tirera profit s’il sait se montrer à la hauteur de ces attentes et affirmer sa compétitivité et sa capacité d’innovation.

Je reste très optimiste car nous avons pour nous de sérieux atouts, comme la qualité des formations, le savoir-faire des mécaniciens… et leur passion. Il y a beaucoup de postes passionnants à prendre aujourd’hui dans nos entreprises, qui permettront de voir s’épanouir, j’en suis sûre, beaucoup de potentiels féminins.