« Il faut permettre aux chefs d’entreprise d’agir, de se développer, d’attaquer de nouveaux marchés »

02/05/2013

Pierre Gattaz, président du directoire de Radiall, de la FIEEC et du Groupe des Fédérations Industrielles

                 

« J’ai tendance à dire que l’entreprise est la plus belle aventure humaine, celle qui permet à des hommes et des femmes de s’épanouir, de se réaliser, de créer, de progresser. La passion, l’enthousiasme, la volonté de développer notre pays et l’emploi dans nos régions, l’esprit de conquête, voilà nos vraies valeurs. Mais le courage des chefs d’entreprise ne suffit pas à régler tous les problèmes, et il faut leur permettre d’agir, de se développer, d’attaquer de nouveaux marchés.

Aujourd’hui, la compétitivité de nos entreprises dépend, à la fois, de facteurs extérieurs (coût du travail, des matières premières, de l’Euro, des déficits, de l’énergie…), mais aussi internes (l’innovation, l’excellence opérationnelle, la robotique, le numérique, le financement, le management…). On a trop souvent tendance à oublier ces facteurs de la « compétitivité hors coût », or ils peuvent être très puissants. Ainsi, au sein de mon entreprise, Radiall, la généralisation de méthodes d’excellences opérationnelles a donné de très bons résultats en matière de motivation des salariés, de qualité, de baisse des coûts, de réactivité, etc. Ces éléments « hors coûts », les chefs d’entreprise peuvent les maîtriser, les déployer, les endosser. Ils doivent être accompagnés, et des programmes existent ou peuvent être développés (par exemple Acamas pour la FIM).

Mais tout cela ne suffira pas si nous ne menons pas, enfin, les réformes structurelles qui permettront de diminuer les facteurs « coût » (coût du travail, de la fiscalité, de l’énergie…). Je suis convaincu que les grands déséquilibres et déficits d’aujourd’hui font les charges de demain et le chômage d’après-demain.

Il nous faut enfin créer un environnement de confiance, un environnement « 5S » : Simple, Stable, Serein fiscalement, Souple socialement et Sécurisé juridiquement.

Cette obligation de réformes, il nous appartient de l’expliquer et de la promouvoir. Pour cela, je crois qu’il faut nous fixer un cap collectif : les efforts indispensables sont mieux compris et acceptés si on sait où l’on va. J’ai la conviction que nous devons porter et rappeler notre ambition industrielle pour le pays : la France reste une terre d’industrie(s). C’est aussi une terre de services et d’innovations et je crois que c’est la bonne combinaison de tous ces atouts qui permettra à nos entreprises de grandir et de conquérir les nouveaux marchés qui s’ouvrent.

Nous avons désormais un impératif d’actions : l’état de notre pays, la situation de nos entreprises, le nombre de chômeurs font qu’il n’est plus temps de tergiverser. »