« Le bon matériau au bon endroit ! »

23/01/2014

Une pièce en aluminium forgée recouverte d’ABS et soudée à une seconde pièce… étonnant ? Non, car les demandes de nos clients imposent de plus en plus l’usage de matériaux multiples pour des raisons qui ne le sont pas moins : réduction de la masse, performances mécaniques, thermiques, fiabilité, esthétique, coût, recyclage…

Les verrous technologiques se situent clairement dans les procédés et l’assemblage : complexité, robustesse, temps de cycle, robotisation, flexibilité, coûts… Les technologies mutent, de nouvelles apparaissent : forgeage de pièces bi-matière ou de métaux à l’état semi-solide, métallurgie des poudres, texturation de surfaces métalliques et moulage de composite sur les aspérités, fabrication rapide de pièces et d’outillages mettant en œuvre des géométries impossibles à réaliser avec des procédés de fabrication classiques, plastique et métal assemblés par soudage laser… Plus que jamais, l’innovation exige de mêler les connaissances scientifiques et les métiers. Pour relever ces défis, les centres techniques de la mécanique ont un rôle majeur à jouer, notamment au travers de projets transversaux.

Ainsi, en janvier 2012, le Cetim a lancé un programme de recherche de 12 millions d’euros sur l’assemblage multi-matériaux et mis en jeu 5 thèses de doctorat. Cependant, depuis cette date, l’horizon des centres s’est assombri avec des restrictions financières imposées par un état en pleine recherche d’économies. Parallèlement, la complexification du paysage français de la R&D n’a pas amélioré leur visibilité. Le travail de terrain, mené avec les élus depuis 2012 par le Réseau des Centres Techniques Industriels (CTI) auquel ont largement contribué le Cetim et la FIM, a visé à rétablir une bonne connaissance des missions des CTI et des bénéfices qu’ils apportent à l’ensemble du tissu industriel national et particulièrement aux PME.

Les résultats sont là : dans le cadre du rapport Queyranne de juin 2013 « Pour des aides simples et efficaces au service de la compétitivité » qui a rendu ses conclusions en faveur des 4I (Investissement, Innovation, Industrie, International), le Cetim a fait l’objet d’une évaluation très favorable devant le Conseil National de l’Industrie. Par ailleurs, en juillet 2013, la nouvelle loi sur la recherche, a retenu un amendement inspiré par François Brottes, député de l’Isère et président de la commission des affaires économiques, inscrivant l’action des centres techniques industriels dans le volet applicatif de la recherche. Il vise également à permettre aux PME de bénéficier par le biais d’un seul contact de l’appui de l’ensemble des

CTI – et non du seul centre qu’elles auront sollicité – tout cela dans le respect du secret des affaires. Cet amendement vise encore à conforter, stimuler, valoriser la dynamique issue de la pluridisciplinarité de la vingtaine de CTI répartie sur l’ensemble du territoire.

Concernant la mécanique et les mécaniciens, tout comme l’évolution observée pour les matériaux, gageons que dans un proche avenir, les centres renforceront l’assemblage de leurs multi-compétences !