« L’innovation naît souvent de petites améliorations quotidiennes »

26/05/2014

Philippe BernaPhilippe Berna, président du Comité Richelieu*

 

« D’abord, l’innovation ce n’est pas forcément une découverte transcendante. Elle naît souvent de petites améliorations quotidiennes. C’est avant tout un état d’esprit, un éveil permanent. Ensuite, l’innovation est une affaire de conviction et de management. Il faut donc qu’elle soit portée au plus haut niveau de l’entreprise. Les grandes marques innovantes (Apple, Google…) sont menées par des patrons qui disent à leurs salariés : soyez curieux, soyez passionnés, faites nous remonter vos idées. Enfin, l’innovation ne se fait jamais seul. Elle intervient toujours en contact avec ses actionnaires, ses clients, ses fournisseurs, ses banquiers…

Il est essentiel d’intégrer pleinement les conséquences de l’innovation sur l’organisation de l’entreprise et ses relations avec le marché.

Il est tout aussi essentiel de trouver des relais qui vont porter l’innovation dans l’entreprise. En effet, elle doit se décliner dans les différents services de manière cohérente. Cela passe notamment par la définition d’objectifs avec une logique projet.

En amont, le soutien à l’innovation est très développé dans notre pays. En revanche, nous avons du mal à porter l’innovation sur le marché, comme le font si bien les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Corée du Sud.

Il faut trouver les moyens pour faciliter les relations entre les PME porteuses d’innovation et les grands groupes qui devraient les acheter et les utiliser. Prenez l’exemple de la Californie. On y trouve un écosystème propice à l’innovation, une chaîne complète qui permet de la porter sur le marché. Tout le monde travaille à l’unisson. C’est un peu ce qui est en train de se construire autour de Saclay.

En fait, tout cela relève de la communication et du dialogue. La confiance ne se décrète pas. Cela suppose de la proximité pour que les gens se rencontrent, se connaissent, s’apprécient. Ce n’est pas sur Internet que ce genre de relations se noue, mais en réunissant des équipes autour d’une table.

 

* Le Comité Richelieu regroupe 300 entreprises innovantes comptant 55 salariés et réalisant 7 millions d’euros de chiffre d’affaires, en moyenne.

Sa vocation : défendre l’innovation et créer les conditions d’un écosystème équilibré entre grands groupes, ETI et PME.