« Mieux vaut passer par les grands donneurs d’ordre occidentaux »

15/10/2014

alstomDepuis 1975, Alstom est présent en Russie. Mais le groupe a pris de l’ampleur depuis cinq ans, depuis qu’il a décidé de localiser sa production sur le sol russe, et que l’organisation des Jeux Olympiques de Sotchi a conduit le pays à rénover ses infrastructures.

Toutes les activités d’Alstom sont représentées. « Nous travaillons toujours avec un partenaire russe », insiste Philippe Pégorier, président d’Alstom en Russie. Dans le domaine des transports, le groupe a pris 25 % du capital de Transmachholding, le premier producteur de matériels roulants. Le groupe a déjà conçu deux modèles de locomotives pour le renouvellement de la flotte des chemins de fer russes, l’une pour le fret, l’autre pour le transport de passagers.

Dans le secteur de l’énergie, Alstom a équipé en turbines une des unités de la Centrale thermique #26 qui chauffe et approvisionne en électricité tout le sud de Moscou. Il est également présent dans les turbines à gaz et a établi une joint-venture avec Atomenergomash pour fabriquer des turbines à vapeur « Arabelle », les plus grandes au monde, destinées aux centrales nucléaires. Autre joint-venture : celle conclue avec RusHydro, qui contrôle plus de la moitié des centrales hydrauliques du pays, pour créer à Oufa une usine de production de petites et moyennes turbines hydroélectriques. Enfin, Alstom a participé à la construction du centre de dispaching électrique de Sotchi.

« Depuis leur adhésion à l’OMC, les Russes savent qu’ils vont être directement en concurrence avec les Chinois, indique Philippe Pégorier. Ils disposent de peu de temps pour moderniser leur outil de production. Ils sont donc friands de transfert de savoir-faire. » Les perspectives de développement ne manquent pas, en particulier dans le domaine des infrastructures, avec la coupe du monde de football 2018 dans une dizaine de villes et une nouvelle phase d’investissements dans les transports urbains. « L’industrie mécanique russe est un secteur historique constitué d’entreprises de très grande taille, reprend Philippe Pégorier. Un secteur difficile à aborder pour une PME. C’est pourquoi, mieux vaut passer par les grands donneurs d’ordre occidentaux qui ont intérêt à ce que leurs sous-traitants s’installent en Russie. »