Philippe Contet, directeur général de l’UNM « Normaliser pour diffuser l’innovation »

12/06/2015

L’Union de Normalisation de la Mécanique (UNM) est le bureau de normalisation sectoriel du système français de normalisation, dans le domaine de la mécanique et du caoutchouc, travaillant par délégation de l’AFNOR. Avec la gestion d’un parc d’environ 4000 normes françaises et une production d’environ de plus de 250 normes par an, l’UNM est l’un des plus gros bureaux de normalisation sectoriels français. Philippe Contet, directeur général de l’UNM présente la normalisation comme un sésame pour l’innovation qui permet aux entreprises mécaniciennes de rester compétitives.

 

La normalisation s’oppose-t-elle à l’innovation ?

Contrairement à une idée répandue, les normes n’impliquent pas de collectiviser des inventions et n’empêchent pas la propriété intellectuelle. Le plus souvent, elles fixent des objectifs à atteindre, sans évoquer de solutions techniques. Elles portent généralement sur l’interopérabilité et les interfaces, sans décrire techniquement la solution déployée. Une norme peut donc passer par l’utilisation d’un brevet, moyennant l’accord du titulaire de licences dans des conditions raisonnables et équitables.

 

En quoi la normalisation favorise-t-elle au contraire l’innovation ?

D’abord en rendant des équipements compatibles, elle permet d’agrandir les marchés et donc de diffuser plus largement l’innovation. Une entreprise peut intégrer ses propres innovations dans les normes en participant à leur développement, elles facilitent alors l’accès au marché de ses produits.

Ensuite, la normalisation rassure et donne confiance aux utilisateurs et aux consommateurs, ce qui rend l’innovation acceptable.

Enfin, la normalisation internationale permet de diffuser rapidement des innovations dans le cadre des échanges commerciaux internationaux. L’Accord sur les OTC (Obstacles techniques au commerce) de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) reconnaît l’importance de la contribution des normes internationales dans l’amélioration de l’efficacité de la production et la facilitation du commerce international. En évitant la prolifération de standards nationaux, la normalisation internationale contribue à réduire les coûts des transactions voire de certification.

 

La normalisation peut-elle même favoriser l’émergence d’une innovation ?

Elle peut servir au démarrage du processus de recherche et de développement. En effet, c’est aussi un outil de veille et d’intelligence économique. Le travail au sein des comités techniques permet de repérer les évolutions des spécifications de produits ou de services demandées de la concurrence française ou internationale. Autant de signaux sur les futures règles du marché que l’entreprise peut anticiper en imaginant de nouveaux concepts.